Mon chat lèche mes joues comme pour sécher les larmes que je ne verserai jamais. Mon c½ur est prisonnier d'une gangue de glace. J'ai froid. Je suis un peu comme Annabelle. Plus vraiment humaine après avoir pris ses pépins de grenades. Annabelle devient Anna. Iliana devient Ana.
Je ne veux pas arrêter. Je me sentais enfin sereine. Le flacon qui se vide, ce n'était pas si important... Peu importe les nausées, les vomissements... Je ne veux pas retrouver cette douleur, je ne la supporte plus... Je ne veux plus non plus ressentir cette angoisse comme la dernière fois... Je sais qu'elle reviendra, et je la ferai disparaitre dans un nuage éthylique... Ce n'est pas la solution. Ni boire, ni arrêter "ça". Et je sais ce qui va se passer maintenant. Parce que ça c'est déjà passé. Non, je ne veux pas redevenir comme avant, lentement être absorbée par ce brouillard, m'effacer de plus en plus jusqu'à devenir un fantôme, totalement transparente, plus pâle que la lumière de la Lune, agissant comme un robot qui finirait de toute façon par être à court de batterie... Non, quitte à marquer mon visage de cerne, à le rendre plus blafard qu'un cadavre, autant que je fonde jusqu'à l'os ! Au moins, il me restera encore ça, et je ne serai pas dispersée à la première brise...
Lili et Nana. Deux petites filles. Lili. L'enfant blessée. Nana. L'enfant qui croit aux contes de fée. Lili pleure. Nana rit. Lili et Nana habite le même corps. Iliana. Iliana n'est plus une enfant. Mais qui est-elle ? Est-elle Lili ? Ou bien Nana ? Tout le monde l'appelle Nana, alors ça doit être ça ! Mais non, voyons ! C'est Lili ! Oui, pauvre petite Lili !...
J'en ai marre qu'on m'appelle Nana. C'est pas moi Nana. C'est quelqu'un d'autre Nana. Dire que je suis Nana, c'est me montrer hypocrite. Car Nana, elle rit, elle. Elle est heureuse. Tout le monde Nana, mais mon vrai nom, c'est Lili.
Danny.
"Tu trouveras ton Danny, ne t'inquiète pas ! Il t'attend quelque part ! Il a pour chacune d'entre nous un Danny qui nous attend..."
Foutaises ! Qui voudrait de moi, hein ? Qui voudrait de moi ?
Qui voudrait de moi, qui voudrait de moi, qui voudrait de moi, qui voudrat de moi, qui voudrait de moi, qui voudrait moi ?.... Personne ! J'ai beau retourner la question dans ma tête, personne ne voudrait de moi... s'il savait...
Et moi, de toute façon, je ne veux de personne...
Bon, essaie de te calmer deux secondes, respire et essaie d'analyser... S'énerver ne sert à rien... Gueuler, martyriser son clavier ne sert à rien... Réfléchir par contre...
Personne ne veut de toi, tu ne veux de personne... Alors où est le problème ?
Le regard des autres ?
* Ça fait longtemps que je ne m'en fais plus... Sinon, je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui.
Tu as peur qu'on puisse deviner ton secret à cause de ça ?
* Mon secret... Peut-être... J'en sais rien en fait...
Ou alors, peut-être que c'est ton affirmation de départ qui est fausse... peut-être veux-tu de quelqu'un ?...
* Peut-être que oui peut-être que non... Je crois que je sais plus ce que je veux... Je veux qu'on m'aime... pour une fois. Mais j'ai aps envie de souffrir. Les hommes sont des salauds. Ils prennent ce qu'ils veulent et ils vous laissent ensuite comme une merde... C'est toujours pareil... Y'a que le mec, la fille et l'histoire qui change...
Si tu n'es pas heureuse avec un homme, il reste les femmes...
* Je suis pas de ce bord-là... Je ne suis ni hétéro, ni homo, ni bi... Je ne suis rien... Je suis condamnée...
T'es drôlement pessimiste...
* Tu veux quelque chose de plus optimiste ? "On sait jamais ce que peut nous réserver la vie..." Ca va ? C'est assez optimiste pour toi ou faut que je chante la Marseillaise des Bisounours ?
Arrête de te cacher derrière ton cynisme... Et c'est vrai que la vie réserve parfois de très belle surprise... Et qui sait, tu trouveras peut-être quelqu'un qui t'aimera énormément, qui t'acceptera malgré ton secret et qui le rendra moins lourd...
J'ai pas envie d'abandonner et de me tirer une balle dans la tête. J'ai pas envie d'abandonner et de ne plus me lever les matins (en fait si...) J'ai juste envie d'abandonner. Tout. Mes principes, ceux des autres. De voir où la vie me mènera sans m'inquiéter de rien. Parce que je suis lasse de tout ça. Je veux juste abandonner et cesser de survivre. Parce que je veux vivre bordel ! Je serai bientôt majeur et j'ai l'impression d'avoir passé mon enfance et mon adolescence soit à pleurer, soit à me gaver de médicaments, soit à faire l'hypocrite devant tout le monde... Alors oui, j'abandonne ça aussi, le masque !

